LParole Libérée

324 rue Francis de Pressensé - 69100 Villeurbanne

Les faits 

L’association La Parole Libérée a été créée en décembre 2015.

 

Les fondateurs ont tous été membres du Groupe Saint Luc (GSL), groupe scout de la paroisse de Sainte Foy-lès-Lyon (créé par Bernard Preynat en 1970), entre le début des années 80 et des années 90.


Si tous n’ont pas eu à subir des actes de pédophilie de la part du prêtre qui dirigeait le GSL, tous peuvent être considérés comme des victimes de ses agissements.

 

Même s’il n’est pas question ici de comparer les traumatismes associés aux différentes acceptions que recouvre le terme de victime.


Victime, celui qui a subi des agressions sexuelles de manière isolée ou répétée.


Victime, celui qui a subi des atteintes sexuelles.


Victime, celui qui s’estime sali ou trahi par le fait qu’au sein du GSL qu’il fréquentait, de tels agissements aient pu avoir lieu.


Victime, celui qui se sent coupable de ne rien avoir vu, de ne pas avoir su interpréter certains signes au travers de son regard d’enfant.


Victime, celui qui lors de ses révélations, s’est trouvé confronté à l’incompréhension du cercle familial et a connu l’isolement.


Victimes, les familles qui ont été confrontées à l’une des réalités peu avouables et dissimulées du GSL.


La démarche qui a conduit certains à rendre compte aux autorités judiciaires des actes dont ils ont été victimes n’était pas dictée par la haine mais plus simplement par la volonté farouche de ces enfants devenus des hommes, des pères de familles, des membres de la cité, de contribuer à faire passer la justice. Celle des Hommes mais aussi celle de l’Eglise.


Pendant de longues années, à de rares exceptions, le silence des victimes a prévalu. Certaines d'entre-elles ont parlé au sein du cercle familial et ont parfois été entendues. Cette écoute a pris des formes diverses. Retrait du groupe scout, entretien avec le prêtre fautif, courrier aux autorités religieuses, parfois aussi, hélas ! incrédulité et déni.


Pour beaucoup, il aura fallu l’action de François Devaux et sa médiatisation pour que les souvenirs refoulés se fassent verbe et que la parole, enfin, se libère.


Les témoignages que vous pourrez lire sont dérangeants et font froid dans le dos. Le père Bernard Preynat a usé de son double statut de chef scout et d’homme d’Eglise pour agir. Cela éclaire sur l’aura et le charisme de ce prêtre qui aura su, en chaque lieu où il est intervenu, séduire les adultes. Certains témoignages montrent ainsi que le prêtre n’a pas sévi qu’au GSL. Ce fut aussi visiblement le cas alors qu’il était aumônier de l’école de La Favorite (Lyon).


Que dire enfin du rôle joué par les autorités religieuses, informées par certains parents dès 1990 ?

Que dire des actions « disciplinaires » conduites à l’encontre du prêtre qui se sont bornées à le déplacer à trois reprises, sans se préoccuper de garantir qu’il ne soit plus en contact avec des enfants et ce jusqu’à la fin de son ministère ?


Dans ce contexte, la lecture des courriers du prêtre est également édifiante (voir "Les Aveux du Père Preynat"). 

 

Elle renseigne notamment sur la petitesse de son âme, plus préoccupée à sauver les apparences qu’à s’excuser et à accepter de payer pour ses actes, quitte à devoir subir l’opprobre publique, ce qui, sans l’excuser, aurait au moins été le signe qu’il se rendait  compte de la souffrance qu’il avait pu occasionner. 

Le signe d’un minimum de dignité et d’humanité.


« La Parole Libérée » a joué un rôle fédérateur pour les victimes de ce prêtre. Elle a recensé plus de 75 victimes de ce prêtre et recueilli plus de 400 témoignages de victimes dans plusieurs institutions.

 

Aujourd’hui, après 4 ans de d’engagement, au-delà de l’Eglise et sa problématique propre, il nous apparait évident d’amener la société et nos institutions à répondre bien plus efficacement à cette pandémie. Pour ce faire, il est capital en premier lieu de pouvoir poser un regard statistique continu sur cette réalité, connaitre les mécanismes, son évolution, son impact en termes de santé publique, les responsabilités institutionnelles, afin d’apporter des réponses efficaces et enrayer cette programmation de la violence en France.

Aujourd’hui, quel que soit votre statut de victime :